Un peu en dehors des cadres, Lorlanj trace son propre chemin. Sa musique se déploie dans un délicat maillage de pop et d'influence ethniques, où chaque son semble choisi avec une attention presque tactile. Le dilruba, le laud, la valiha, le bouzouki, la bandurria, la derbouka, le marimba, le saz, la guitare ou la fretless acoustique composent un paysage sonore singulier, jamais démonstratif.
Ce qui pourrait n'être qu'un inventaire d'instruments rares devient ici une réalité sensible, portée par une démarche évidente : la recherche constante de mélodies raffinées et de textures précises, que Lorlanj va chercher au loin comme d'autres exploreraient des fragrances inconnues.
Cette musique se nomme parfois "pop impressioniste", à l'image de textes méditatifs, légèrement obliques, qui laissent affleurer le sens sans jamais l'imposer.
Le tout porté par la voix de Jeff Chalaffre, au timbre et immédiatement attachant, fil conducteur d'un univers à part, aussi introspectif qu'ouvert.

